Actualités départementales

SNE 62 : Déclaration liminaire du CHSCT du 4 décembre 2020 

Le 04 décembre 2020,

 

Monsieur le Directeur Académique des services de l’Education Nationale du Pas-de-Calais, Président du comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail,

Mesdames et Messieurs les membres du CHSCT,

 

L’actualité du moment : crise sanitaire, crise sociale, crise économique, ne doit pas cacher, ni occulter les autres difficultés du quotidien de nos collègues. Cette actualité, ne doit pas être un prétexte pour ne pas assumer sa responsabilité sur des sujets ardus sans se défausser.

D’où cette déclaration liminaire, pour donner suite au RSST, récent, d’un collègue concernant un élève violent ! 

 

L’école inclusive, école de la souffrance !

 

Depuis plusieurs années, l’école inclusive serait la seule solution de notre administration permettant d’accueillir un public toujours plus large, un public de plus en plus difficile.  C’est un bouleversement de notre métier qui se joue actuellement, tant philosophiquement que pratiquement et qui dégrade fortement les conditions de travail des enseignants.

 

Personne n’oserait remettre en cause le bien-fondé de la volonté d’offrir un enseignement de qualité au plus grand nombre d’élèves possible. Mais la satisfaction du Ministère et des DSDEN concernant le nombre croissant d’élèves en situation de handicap accueillis dans les écoles (340 000 en 2018 contre 118 000 en 2005) et les établissements scolaires n’est pas partagé par tous les acteurs de la communauté éducative.

Force est de reconnaître que ce n’est pas la même chose d’inclure dans une classe un élève violent en attente d’une place en ITEP ou un élève dyslexique avec un ordinateur portable et un AESH pour l’aider. Les difficultés sont souvent démultipliées par différents facteurs. L’exercice de notre métier devient plus difficile. Il est parfois vécu comme impossible, synonyme de souffrance, de dépression ou de maltraitance, tant pour les élèves que pour les enseignants.

 

Il faut être lucide, bon nombre d’équipes enseignantes se retrouvent déstabilisées et souvent démunies face aux difficultés liées à l’inclusion de certains élèves dans les classes.

​ 

Proche du terrain, le SNE et le SNALC ont conscience des réalités et savent que derrière les beaux discours – que personne ne peut moralement remettre en question – on donne la responsabilité de ces classes à troubles à des enseignants qui ne sont absolument pas qualifiés, préparés ou même formés à gérer ce genre d'enfants qui doivent faire face à ces changements brutaux. L’école de la République n’est pas préparée à accueillir ces élèves et ne peut malheureusement pas garantir non seulement leurs progressions mais aussi celle de toute la classe. Sous couvert d’inclusion prétendument au bénéfice de l’élève, la fermeture de centres spécialisés est d’abord une opération comptable et surtout rentable.

​​

Nous n’oublions pas les AESH qui doivent épauler des élèves aux difficultés desquels ils ne sont pas toujours formés. Des conditions d’emploi décentes et une rémunération digne permettraient aussi un meilleur recrutement de ces agents. De plus la mise en place des PIAL a détérioré les conditions d’enseignement et diminué le temps de prise en charge des EBEP du fait de la mutualisation des AESH. En conséquence le temps d’accompagnement a diminué au profit d’un plus grand nombre d’élèves.

 

En quelques années, l’École a amorcé un grand virage, au point de devenir parfois une vaste infirmerie.

 

Au SNE et au SNALC, nous sommes persuadés que la formation est indispensable, mais nous pensons également que cette formation ne sera pas le remède miracle comme on voudrait nous le faire croire, par exemple face à des enfants ayant une notification d’accueil en établissement spécialisé. Ces enfants méritent de travailler avec de véritables spécialistes, dans des conditions d’accueil spécifiques. Nous sommes favorables à l’inclusion quand elle est réaliste et profitable à l’élève. Nous y sommes favorables pour des cas plus complexes à la condition que les moyens accompagnent cette inclusion (AVS, équipe de soins...). Nous y sommes totalement opposés quand l’inclusion n’est pas réaliste, devient source de souffrances et des difficultés pour les élèves comme pour les personnels. De plus en plus, le déni de certaines familles, le politiquement correct et des objectifs économiques poussent à réaliser des inclusions intenables.

 

La loi du 11 février 2005 propose une règle générale de mise en œuvre d’une scolarisation. Mais cette dernière s’avère très complexe. Elle nécessite en fait autant de solutions qu’il y a de cas puisque chaque élève est différent, et n’a pas le même type de handicap.

 

L’école est-elle là avant tout pour inclure sans limite ou pour instruire le plus grand nombre possible dans les meilleures conditions possibles ? 

 

Je vous remercie pour votre attention.

 

Lionel Saussé, représentant du SNE en CHSCTD 62

et Géraldine Pérépélitza, représentante du SNALC en CHSCTD 62.

© 2017 Syndicat National des Ecoles Section  académique 59 62 (Nord Pas-de-Calais) -  Site créé avec Wix.com - Directeur de la publication :  Emmanuel CARON, secrétaire académique

Contact SNE 59-62 : Emmanuel CARON 06 17 35 09 22 - Contact SNE 59 : Laurent Hoefman 06 61 08 61 09 - Contact SNE 62 : Anthony LEMETTRE 06 67 76 02 28

15 rue Hoche 62119 DOURGES                       sne59@sne-csen.net                    sne62@sne-csen.net