Actualités départementales

12 novembre 2020

SNE 62 : Déclaration liminaire du CDEN du 12 novembre 2020 

Le 12 novembre 2020,

 

M.l'Inspecteur d'académie,

Mme la Vice-présidente du conseil départemental,

Mmes et Messieurs les membres du CDEN ,

 

 

Les modalités de reprise des cours après les vacances de la toussaint laissent un goût amer à tous les personnels en établissement. D'abord parce que le temps de recueillement initialement annoncé à la mémoire de notre collègue Samuel Paty a été en grande partie passé par pertes et profits.

Le mercredi 28 octobre, notre hiérarchie nous demandait pourtant d'organiser un accueil particulier des élèves et d'informer les familles des modalités retenues, afin de préparer un hommage digne au professeur décédé et de pouvoir échanger sur ce tragique événement. La mobilisation était extrême car l'enjeu était de taille, le monde de l'éducation étant meurtri dans sa chair.

Or, le vendredi 30 octobre, vers 18h!, toute l'énergie déployée était balayée par une simple missive. Certes la minute de silence était maintenue, mais les cours devaient finalement reprendre à l'heure habituelle et l'hommage « adapté ». Voilà comment se traduit le respect envers les personnels : des cadres responsables, investis et plus qu'à la hauteur en ces temps difficiles et considérés comme des pions. C'est ainsi toute une profession qui s'est sentie insultée et méprisée. Et l'on n'ose imaginer l'effet produit sur les proches de la victime.

Si officiellement ce changement de pied tient à des difficultés d'organisation, chacun sait que la crainte de réactions déplacées dans certaines classes a aussi joué un rôle, l'exemple médiatisé d'un lycée nantais vient le confirmer.

Pour le SNE et le SNALC, ce n'est évidemment pas cette attitude « munichoise » qui permettra de gagner la guerre. Nos organisations syndicales déplorent et condamnent les 400 incidents remontés lors de cet instant de recueillement, qui ne sont hélas que le reflet de la situation que vit trop souvent le corps enseignant. La détérioration de la relation entre l'école et les familles n'y est pas pour rien : sa refondation apparaît plus que jamais nécessaire.

Le poids du contexte sanitaire, réel, a aussi été mis en avant. Ce qui nous amène au second point de cette déclaration.

 

Alors que l'inquiétude gagne face à la progression de l'épidémie et que des mesures strictes de confinement et de limitation des déplacements privés sont mises en place, les établissements scolaires (à tout le moins les écoles et les collèges), continuent eux de fonctionner comme si de rien était. Aux yeux de M. Blanquer, le virus aurait donc la sagesse de s'arrêter à leurs portes ! Nous nous en réjouirions si cela n'était à la fois risible, vraisemblablement mensonger et inquiétant. Là encore, les médias viennent à l'appui de la démonstration. Combien de photographies ou de vidéos circulent, montrant que devant les lycées, dans les files d'attente des cantines..., la distanciation sociale n'est absolument pas respectée, et ce parce qu'elle ne peut pas l'être ?

Nous savons aussi, grâce aux témoignages de nos adhérents, que certains chefs d'établissement, eux-mêmes sous pression constante et dont nul ne souhaiterait la place dans un tel contexte, insistent auprès de leurs personnels afin que ces derniers, lorsqu'ils sont supposés « cas contact » se déclarent en arrêt maladie classique. Ce qui n'a bien évidemment pas du tout les mêmes répercussions financières. De même qu'il est certain que les familles ne déclarent pas toujours leurs enfants dans la même situation, faute de moyen pour pouvoir les garder à la maison.

C'est pourquoi les chiffres officiels de contamination dans l'Education nationale sont à regarder avec le plus grand détachement.

Dans notre académie, le danger est d’autant plus grand que la proche Belgique est aujourd'hui proportionnellement à sa population le pays le plus touché au monde. Son gouvernement vient d'ailleurs d'annoncer la fermeture des établissement scolaires jusqu'à Noël.

L'Etat doit à ses agents la protection.

Or ces derniers se sentent sacrifiés sur l'autel de considérations économiques et, dans les établissements, l'ambiance est de plus en plus pesante.

Ainsi, que dire de la mesure conservatoire sur les masques DIM et de l'arrêt de leur diffusion, note adressée le 23 octobre, après presque six mois d'usage ! : marque supplémentaire de la reconnaissance de l'Etat envers ses personnels ! Un sentiment de désarroi, d'abandon et d'épuisement s'ancre chaque jour davantage dans la profession.

C'est pourquoi, si l'épidémie progresse aussi vite que le ministre de la santé le dit, alors il est grand temps de prendre les mesures adaptées, en dédoublant les classes dans TOUS les établissements et en réinstaurant l'alternance entre cours en « présentiel » et en « distanciel ». Il est invraisemblable de continuer plus longtemps à exposer ainsi les personnels, les élèves et leur entourage.

Durant la première période de confinement, malgré les difficultés inhérentes à l'exercice, les professeurs ont montré qu'ils restaient sur le pont et s'efforçaient de maintenir au mieux la « continuité pédagogique », M. Blanquer l'a lui-même reconnu. 

 

 

Le SNE et le SNALC ne souhaitent pas la fermeture des collèges et des écoles : mais ils demandent instamment que les règles de bon sens s'y appliquent comme partout ailleurs !

 

Ils demandent de nouveau l'abandon pur et simple du jour de carence en cette période si particulière et, en attendant d'être enfin écouté, le SNALC a déposé un préavis de grève courant jusqu'à Noël, afin de permettre aux personnels de protéger tout simplement leur vie.

 

Merci de votre attention.

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